Comment gérer la relation de votre enfant avec son doudou ?

Décrié par les parents quand il est trop présent, adulé par les enfants qui ne s’en séparent que très rarement, le « doudou » s’impose à la famille en tant que véritable hôte de la maison. Faut-il lui ouvrir les portes ou le jeter dehors ?

Qu’il soit une peluche ou un simple morceau de tissu, le doudou tient une place considérable dans la vie du jeune enfant, si bien qu’il peut vite devenir envahissant. Si certains parents tolèrent cet envahisseur, d’autres tentent de réduire son influence. Alors quelle conduite adopter face à ce petit objet ? Le psychanalyste et pédiatre Donald Woods Winnicott nous fournit quelques pistes à ce sujet.

Ce dernier accorde une place importante au jeu qui s’apparente non pas seulement à l’action de jouer mais davantage à une pensée qui se meut et crée sans cesse. Le jeu peut donc être perçu comme un espace propice à la création et à l’immuabilité. Mais pour que le jeu se déploie, il faut qu’il y ait un objet qui puisse mettre en forme ce qu’il y au-dehors grâce à ce qu’il y au-dedans !

Du pouce au doudou

L’objet précède le jeu puisque c’est lui qui va permettre sa mise en place. Cet objet, il l’appelle, l’objet transitionnel. Qui n’a jamais dans sa petite enfance traîné un objet qui lui était particulièrement cher, sale et jauni par le temps ? C’est précisément ça le doudou, une marque de « leur première possession « non-moi » » (D.W Winnicott, Jeu et réalité, Editions Folio essais, 2013), qui est autre, qui n’est pas moi.

Cet objet est aussi « transitionnel », c’est-à-dire qu’il va permettre à l’enfant d’évoluer, de distinguer ce qui existe en lui et hors de lui. La transition permet de lier une partie à une autre, de même que le transitionnel permettra l’accès d’une phase à une autre, du pouce au doudou.

Mais cet objet pose problème, il n’est ni interne, il ne fait pas partie de lui, ni externe. Si on comprend qu’il ne soit pas question d’intériorité, on comprend mal en quoi celle de l’extériorité est exclue. Ce qui peut s’expliquer par le fait que nous adulte, savons que cet objet est externe mais pour le nourrisson il en est autrement « De notre point de vue l’objet vient du dehors, il n’en va pas ainsi pour le bébé. Pour lui l’objet ne vient pas non plus du dedans ». L’enfant ne fait pas cette distinction intérieur/extérieur d’où la nécessité d’un objet dit transitionnel qui est l’intermédiaire entre le moi et le non moi.

doudou enfant

La mère acceptera qu’il devienne sale et sente mauvais !

Cet objet est donc double puisqu’il représente à la fois, la mère (figure première et indispensable au bon développement de l’enfant pour l’auteur) et le bébé, dans l’odeur de l’objet demeure l’odeur de l’un et l’autre, c’est pour cela que Winnicott précise « La mère acceptera qu’il devienne sale et sente mauvais ; elle n’y touchera pas car elle sait bien qu’en le lavant, elle introduirait une solution de continuité dans l’expérience du petit enfant, cassure qui pourrait détruire la signification de la valeur de l’objet pour l’enfant » .

Le doudou pour lutter contre l’angoisse

L’objet a aussi pour fonction de lutter contre l’angoisse, et apparaît comme un calmant, qui permet à l’enfant d’avoir un certain contrôle séparé de sa mère lors de situations qui l’exigent : école, crèche etc. Ainsi, pour une courte durée, l’enfant continuera d’entretenir un lien avec elle via l’objet malgré son absence. Plus tard, lorsque l’absence partielle de sa mère ne sera plus ressentie comme angoissante, l’enfant délaissera son doudou pour s’immerger dans un monde où la réalité commence petit à petit à être intégrée.

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